Le Soleil
L'Est et la Côte-Nord, vendredi 14 mai 2004
Centrale sur la rivière Trois-Pistoles
Les écolos veulent l'annulation de la tenue du référendum

Larouche, Marc

Rivière-du-Loup - Les Amis de la rivière, qui s'opposent à la construction d'une centrale hydroélectrique sur la rivière Trois-Pistoles, demandent au gouvernement d'annuler la tenue du référendum consultatif prévu le 13 juin dans la MRC des Basques. Le groupement estime que cet exercice régional serait prématuré et que c'est l'ensemble des Québécois qui devraient se prononcer.

"Tous les Québécois ont déjà contribué pour 3,3 millions $ afin de sauver les chutes de la rivière Trois-Pistoles et pour que cette centrale ne se réalise pas. Ils ont aussi payé 250 000 $ pour donner un parc à la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges. C'est à l'ensemble de la population québécoise de se prononcer sur la poursuite d'un projet dont ils ont déjà dit qu'ils ne voulaient pas", soutient M. Marcel Desjardins, des Amis de la rivière.

Le groupement a déjà fait parvenir une lettre au ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, demandant l'annulation du référendum ainsi que de tout projet hydroélectrique sur cette rivière. Ils jugent ce référendum hâtif, compte tenu de la tenue d'une Commission parlementaire sur l'avenir énergétique du Québec, prévue pour l'automne. "Nous avons demandé à être invitée et nous attendons une réponse", dit M. André Ouellet. "Le référendum devrait avoir lieu dans un mois et personne n'a encore aucune donnée", ajoute Mme Linda Lanthier.

À travers un long argumentaire, les Amis de la rivière ont affirmé, documents en main, que le contrat de cession de la partie de la rivière au gouvernement laisse à la municipalité le droit d'utiliser la rivière à toutes fins, à l'exclusion de l'exploitation des forces hydrauliques. "Le préfet Leblond continue de prétendre le contraire. Il est clair que le lit et les rives de la rivière, incluant les forces hydrauliques, appartiennent au gouvernement, donc à l'ensemble des citoyens", ajoute M. Desjardins.

Pour Mikael Rioux, qui s'était suspendu au-dessus de la rivière l'été dernier pour empêcher les travaux de construction du barrage, ce projet est inutile. "On a annoncé un projet d'éolienne à Saint-Arsène, dont quelques-unes seraient installées à l'Île-Verte, à quelques kilomètres d'ici. Celles-ci produiraient 200 mégawatts d'électricité. Nous sommes loin du 3,5 mégawatts de cette centrale. Seulement trois éoliennes produiraient cette même puissance."

Mêmes instigateurs

Le groupement affirme que les instigateurs du projet, le même qui a déjà été refusé par les Québécois, sont les mêmes politiciens et gens d'affaires qui ne réapparaissent que sous une couverture corporative différente.

Un citoyen assistant à la rencontre a indiqué que toutes ces discussions étaient inutiles. "Les gens sont fatigués d'entendre parler de cela. Ce projet n'est pas une question d'argent, mais de valeurs. Et des valeurs, ça ne se discute pas. Tous doivent faire preuve de gros bon sens."

Le préfet, André Leblond, a indiqué que la MRC des Basques irait de l'avant avec le référendum.

 

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