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Québec menacé de
poursuites par des Innus
Mise à jour le
mercredi 29 septembre 2004 à 15 h 52
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Les Innus de
Betsiamites, près de Baie-Comeau sur la Côte-Nord du Québec, exigent la fin
des opérations forestières sur l'île René-Levasseur, située dans le bassin de
la Manicouagan.
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Raphaël Picard a
utilisé une carte pour situer l'île René-Levasseur
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En point de presse à Québec, le chef de la
communauté innue de Betsiamites, Raphaël Picard, a menacé le gouvernement
du Québec et la compagnie Kruger de s'adresser aux tribunaux pour obtenir
la fin des coupes de bois sur l'île formée par le remplissage du réservoir
du barrage Manic 5, sur la Côte-Nord du Québec.
Invité à préciser le genre de recours qu'il avait en tête, le chef Picard
a mentionné une injonction provisoire pour stopper les activités de
Kruger, puis une injonction interlocutoire.
M. Picard a invoqué deux motifs à l'appui de sa demande visant à mettre
un terme à ce qu'il a appelé la « dévastation forestière »
de l'île René-Levasseur : d'abord une préoccupation environnementale,
puisque cette île recèlerait une des forêts les plus exceptionnelles
du Québec. Ensuite, les Innus font valoir que les activités de Kruger
vont à l'encontre de leurs droits ancestraux, y compris le titre aborigène.
Le chef innu estime qu'au rythme où se fait la coupe de bois, 24 heures
sur 24, la forêt sera exterminée en peu de temps.
Dernier avertissement
Le 27 juillet dernier, les Innus de
Betsiamites ont écrit à Jean Charest et à la compagnie Kruger pour leur
demander d'arrêter immédiatement l'exploitation forestière sur l'île, sans
obtenir de réponse.
Pour eux, Québec et la Kruger sont de mauvaise foi dans ce dossier et veulent
banaliser le problème.
Le 16 septembre, les Innus ont donc mis le premier ministre Charest et la
compagnie Kruger en demeure de cesser l'exploitation forestière de l'île.
N'ayant toujours pas reçu de réponse, le chef Picard a dit vouloir par son
point de presse lancer un ultime appel au gouvernement pour qu'il mette un
terme aux opérations de la Kruger.
Prudence à Québec
À Québec, des porte-parole des ministères des Affaires autochtones et des
Forêts ont expliqué la prudence du gouvernement dans ce dossier par des
considérations d'ordre juridique. D'abord, l'entente de principe signée entre
les Innus et le gouvernement le 31 mars dernier, entente invoquée par les
Innus dans leur réclamation, n'aurait pour le moment aucune valeur juridique.
Deuxièmement, on rappelle que le gouvernement a signé en 1997 une entente
avec la Kruger, cédant à cette compagnie, pour 100 ans, des droits de coupe
sur un territoire de 15 000 kilomètres carrés, incluant l'île René-Levasseur.
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